Entre Thaba Bosiu et Semonkong, t’es presque sur un rail. Tu sinues en cruisant tranquillement dans les montagnes. Tu absorbes la beauté du paysage et sa solitude brunies par l’hiver. Tu te mets à rêver de revenir voir ça au printemps ou en été, quand tout est vert et fleuri, pour rejouer La mélodie du bonheur. Tu croises 4 ou 5 voitures à l’heure, et tu te dis pour la 163e fois que tu as plus ou moins le pays pour toi tout seul.

C’en est tout à fait gênant. Ici les gens se baladent en cagoules et couvertures sous la pluie, la moitié des villages croisés ont pas l’électricité, il doit il y avoir une voiture pour 50 ou 100 personnes… mais les routes sont nickel.

route non goudronnée untarred road lesotho
Bon, là je triche un peu, cette photo est issue de la fin du voyage, vers Qu’thing, sur une route non goudronnée. C’est un peu n’importe quoi je sais mais tu vois l’idée. Et puis tu peux imaginer la route sans la terre avec du goudron, aussi. Enfin bref.

Semonkong

Et puis de temps en temps, aux entrées de villages, un ralentisseur te sort de ta torpeur. Les lesothans ont foutu tout leur blé dans les routes, jusqu’au dernier loti, et ils avaient plus rien pour se payer des panneaux de signalisation aux alentours des dos d’ânes. Gaffe à tes suspensions, ces salopiots sont vraiment vicieux.

Avec tout ça, on arrive comme une fleur à Semonkong, la tête encore pleine des merveilles du matin.

Semonkong, c’était le seul passage qu’on avait arrêté au Lesotho.

Semonkong et sa fameuse chute d’eau Maletsunyane. Spectaculaire, la chute, il paraît ; c’est le lieu de « la plus haute descente en rappel commerciale du monde », dixit le Guiness Book. Pour l’heure, le spectacle, c’est l’artère principale du bourg de Semonkong, une rue commerçante faite de petits commerces en tôle, où se croisent des figures dignes d’un neo-western africain.

Semonkong, bouis bouis en tôle, cavalier et couverture Lesotho
Thug life dans l’artère principale de Semongkong, bordée de part et d’autre de bouis-bouis en tôle. Ps : tu peux trouver le contre-champ de cette photo ici.

Vis ma vie de campeur

L’accueil au Semonkong lodge est cordial, carré. Tu sens que le lieu n’a pas besoin de toi pour tourner. D’ailleurs, sans réservation, il y a présentement plus aucune place dans un logement en dur, on nous propose une tente.

Je jette un regard inquiet à la Miss. Il fait 10-12 degrés, ça va tomber cette nuit, en plus on est au bord d’une rivière, ce qui va ajouter à la fraîcheur, et il commence à pleuvoir…

Mais la Miss est d’humeur aventureuse.

Le lendemain, en émergeant sous une couche de 5 couvertures plus mon duvet en renfort plus nos blousons… on se dit ***gla gla gla*** que ça va, on est *brrrr* encore un peu **gla gla gla*** jeunes.

L’emplacement de tente pour deux personnes (la tente et les couvertures étant fournies – mais nous étions les seuls campeurs. Vérifie avec eux avant !) plus quelques cafés et le chouette diner au restau du Semonkong lodge nous sont revenus à 600 rands environ, soit une quarantaine d’euros.

campagne de semonkong lesotho
Un jeune cavalier rentre du bourg de Semonkong avec un sac sur son âne.

On dirait qu’ça t’gêne de marcher dans la boue

Il faut à peu près une heure / une heure et quart de marche du lodge jusqu’au point de vue principal sur les chutes Maletsuyane. Ça dépend de ton degré de dégourderie.

Il y a aucune balise, la carte papier fournie par le lodge aide pas vraiment, mais si tu es vraiment dans les choux, les gamins du village qui rôdent autour du lodge se feront un plaisir de t’y emmener contre un billet.

Ça dépend aussi de l’état du terrain et de la boue en particulier. A moins de faire de gros détours, c’est flaques sur boues sur flaques sur boue tout le long. La miss a très peu apprécié. Escarpins proscrits – d’ailleurs si tu regardes bien les photos, les gars du coin sont tous en bottes Wellington.

huttes rondavel cases à Semonkong vers Maletsuyane
C’est beau, hein ?
jeune berger villageois ânes semongkong lesotho
…hein ?
berger cagoulé à Semonkong lesotho semongkong
Après la couverture Basotho, l’autre accessoire indispensable au Lesotho c’est les bottes Wellington. Le troisième ? La cagoule, comme chez ce berger.

Et la cascade ? Bah, je confirme, elle est jolie.

Mais là, comme ça, j’ai pas envie de te mettre la photo.

Je me dis que certaines choses doivent être laissées à l’imaginaire.

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