Les secrets d’un road trip solo réussi ? Bah, j’ai réalisé à la fin de mon road trip de trois mois aux USA (enfin, après 35 000 kilomètres, et une douzaine de pays en road-trip moto au total) quelques principes simples.

Malgré un titre un peu pompeux – référencement oblige – tu vas voir, ça a rien de bien sorcier. Et c’est valable autant aux USA qu’en Europe ou à Brie sur Baguette, en moto ou en voiture ou en sac à dos.

Après “4 conseils pour réussir son premier road trip moto“, “4 choses que j’ai apprises sur mon 3e grand road trip“, je crois que j’aurai plus grand chose à ajouter sur le sujet.

1) Se laisser des jours joker sur son itinéraire de road trip

Mon calendrier de 101 jours de road-trip moto aux États-Unis et au Canada contenait à peu près une dizaine de jours jours marqués : REPOS.

Des jours blancs.

Sans rien.

Principalement pour me reposer (aha) et en cas de pépin mécanique, ou de santé. Et surtout de grosse baisse de moral, dont j’avais été victime sur mes road trips précédents. Mal du pays, ma douce qui me manque…

camping moto usa road trip solo
Alors ça, c’est pas la photo du siècle. Juste une trace du moment précis où j’ai commencé à me décoincer dans mon road-trip aux USA, en restant un jour de plus que prévu au camping de Devil’s Elbow, Missouri (Route 66).

Ce qui sur place, en pratique, et avec les endroits que j’ai finalement zappés, m’a donné une latitude totale pour changer de cap et passer plus de temps là où j’en avais envie.

Quand on se lance dans une telle aventure, on est aussi en vacances, on est pas là pour faire de l’abattage. Je suis pas de ceux qui disent « j’ai roulé 900 bornes tous les jours pendant 10 jours c’était géniaaaal ! ».

Non.

J’ai aussi besoin de faire des musées ou d’aller me planquer un après-midi au ciné avec un Coca de deux litres (qu’il est possible de recharger gratos à la caisse du ciné. Les fameux refill aux USA).

Ça a été la première des libertés : m’accorder du temps quand il le fallait.

secrets road trip solo réussi
Bon. C’est la seule et unique fois où j’ai fait ça, je veux dire, montrer mes pieds pour une photo, façon bloggeur en manque d’originalité. Glandouille au camping de White Sands, dans le sud du Nouveau-Mexique.

2) Ne pas chercher à rentabiliser son road trip mais faire SON voyage. Pas celui de pépé qui l’a fait il y a 20 ans, ou des potes pleins de bons conseils.

Je le confesse, j’ai parfois fait de grosses bourdes.

J’ai deux ou trois regrets, surtout au début du voyage, de ne pas m’être arrêté plus longtemps à certains endroits. Je suis par exemple complètement passé à côté de la route des whiskies au Tennessee.

(Mais j’ai fait celle du Colorado).

Le truc, c’est que je me suis jamais forcé à faire pour faire. Parfois je suis allé un peu en speed. Parfois j’ai zappé des choses dont d’aucuns me diraient “mais t’es fou, t’es allé là et t’as pas fait ça ?”.

Capitole Oklahoma
Et c’est comme ça, par exemple, que je me suis retrouvé à visiter le capitole d’Oklahoma (l’équivalent de notre conseil départemental/régional)

Ce que j’appelle rentabiliser son voyage, en tirer un profit.

Qu’il s’agisse de cocher le bingo des réseaux sociaux ou tout simplement de marquer sa présence à un endroit qui fait rêver ses collègues de bureau.

Non. J’ai pas fait ça, ni ceci, ni cela.

Et je te raconte pas le nombre de routes, de lieux magiques, où tout touriste normalement constitué se serait arrêté prendre des photos… et où j’ai fait que rouler, trop heureux d’avoir tant de beauté pour moi seul.

Mes priorités étaient les points de ma bande originale américaine perso : pèlerinage sur les lieux de livres, films, etc qui m’ont fait rêver depuis que je suis gosse. La Route 66 en faisait pas partie, du moins pas plus que d’autres routes scéniques. Je suis surtout allé y chercher l’histoire de la ségrégation raciale aux USA…

walter white car wash
Et c’est comme ça que je me suis retrouvé à visiter un lav’auto. Celui de Walter White dans Breaking Bad à Albuquerque, Nouveau-Mexique.

Ceci pour te dire que tout ça a rien enlevé à mon plaisir, bien au contraire.

Chaque voyage est unique.

Écoute toi, suis ton instinct.

Profite de ta liberté. A moins d’être rentier, tu ne la retrouveras pas de si tôt.

3) Préparer son road trip, mais pas trop (et ça, c’est vraiment le plus important)

Une fois que j’ai dit ça… 3 mois de road trip aux États-Unis avec sa moto. C’est le voyage d’une vie. Tes trois semaines de road trip en Europe ? C’est ton voyage et tes congés de l’année.

Dans tous les cas on a quand même envie d’un voyage réussi.

Personne souhaite rentrer à la maison pour dire à ses potes « j’ai vu des trucs moches, je me suis ennuyé, c’était nul ». Ça passe évidemment par une préparation au taquet, avec parfois un itinéraire calé au jour près. Je sais que certains font sans, évidemment, et partent à l’inspiration du moment.

Precious moments chapel
Je suis aussi allé visiter la chapelle Precious Moments à Carthage, Missouri. C’était pas prévu. C’était un peu l’hallu.

Mais j’ai comme dans l’idée que c’est beaucoup plus facile à faire quand tu mets les gaz à 500 ou 1000 bornes de chez toi, que pour un voyage où tu transbahutes ta moto par dessus un océan.

J’ai donc calé 150 points d’intérêt d’Est en Ouest.

Sauf qu’une fois mes points calés, j’ai laissé mon plan dans la poche.

Pendant des mois. Et des années avant de partir.

Pour la plupart des endroits posés sur ma carte, je suis très peu allé regarder de photos. J’ai complètement arrêté d’en regarder bien longtemps avant que mon avion ne décolle. Même chose pour les renseignements pratiques et les heures d’ouverture de tel ou tel truc.

En clair : une fois sur place, quand je me levais le matin, j’avais un point B (et parfois C, D, E, F…) à atteindre mais j’avais plus ou moins oublié ce que j’allais voir.

Impossible de ne pas savoir à quoi ressemble Monument Valley, certes. Mais dans le cas de Valley of Fire, du Colorado national Monument, de Bandelier, Chaco Canyon, Zion, Bryce… j’arrivais vraiment LES MAINS DANS LES POCHES, en ayant oublié ce pour quoi j’étais venu.

Route road trip solo
Je n’ai pas retouché la photo. Sache qu’en vrai, la roche de Valley of Fire State Park (Vallée de feu) est encore plus couleur feu.

Je me pointais juste au bureau des Rangers pour prendre une carte et demander quoi faire.

Une randonnée à Zion ? Je me souvenais juste que j’allais avoir les pieds dans l’eau.

Au final j’ai descendu le cours d’une rivière (The Narrows) pendant 2 jours, seul le premier jour. J’ai croisé un serpent à sonnette de très près, j’ai dormi sur un banc de rivière avec ma tente et mon sac à caca. Sans réseau de téléphone et sans batterie pour jouer à Candy Crush.

Je vais te dire un secret de mon road trip solo (non) : je n’ai strictement rien réservé à l’avance. Ni activité, ni hôtel, ni parc. Ç’eût été complètement idiot.

Écoute pas les sites qui te disent que les campings dans les parcs sont pleins un an à l’avance.

Ça m’est arrivé que deux fois (sur 41 nuits de camping) de me faire refouler. La première fois j’ai dormi à 500 mètres de l’entrée du parc. La deuxième, à Zion National Park, j’ai demandé à la Ranger où campaient les gens qui avaient pas un rond. Elle m’a indiqué un endroit à demi heure de route. Gratos.

Sans eau, sans électricité, mais gratos.

Même à Yellowstone, peut-être le parc le plus visité des États-Unis. La veille j’ai planté ma tente à une heure de route (Buffalo Bill State Park, près de Cody, Wyoming). Je me suis levé à 3h du matin, j’ai été parmi les premiers à l’ouverture du camping à Yellowstone, et j’ai eu ma place pour 3 nuits.

NB : c’est peut-être plus facile à faire mi-août, quand la saison commence à se tasser, qu’au mois de juillet, certes. Plus facile à faire aussi quand tu voyages seul avec une moto qu’avec ta compagne et deux marmots. Okay.

Enfin, je n’ai pas et n’aurai jamais de GPS où rentrer la route parfaite.

J’ai fait avec Google Maps, en choisissant « éviter les autoroutes ». Et j’ai eu de tout. Des lignes droites de la mort (plein, plein, plein, j’avoue), du sable, de la terre. Surtout des coins ravissants qui ne sont dans aucun guide touristique.

Résultat ? Un sentiment de découverte et d’émerveillement TOTAL, que je souhaite à tout le monde d’expérimenter une fois dans sa vie en road trip solo.

De la beauté partout, tout le temps, sur des routes anonymes, ou en traversant des coins mythiques que j’avais pas regardé avant. A la limite du syndrome Stendhal. Si tu supportes les types qui monologuent devant leur smartphone, j’explique tout ça dans le vlog ci-dessous, enregistré à Sedona, Arizona.

(On y voit Sedona dans les deux dernières minutes).

Pour terminer, je te dis ça avec d’autant plus le sourire que j’ai du quand même lutter pour lâcher prise au début de ce road trip solo, moi qui suis un anxieux et aime bien tout contrôler d’habitude.

Il m’a fallu bien deux semaines pour entrer dans mon voyage et me débarrasser de l’angoisse de devoir être à l’heure, de cadrer, de faire comme ci et comme ça.

De la beauté.

De l’émerveillement.

J’te jure. Partout.

Même sur les lignes droites de la mort.

En mettant la dernière main à ce billet, les photos, tout ça… je me suis aperçu que j’ai oublié de te parler d’un secret de road trip solo très important. Ce qui en aurait fait 4 (à peu près). Oh, shoot. Ce sera le sujet d’un prochain billet. Je te parlerai de Tammy. Et Toni. Et Scott. Et David…

3 Comments

  1. Bien vrai tout çà.

    Je rajouterais juste que pour le “lâcher prise”, qui peut rapidement devenir un problème majeur, il y a quelques lectures initiatiques qui permettent de comprendre et de restreindre les effets les premières fois. “La longue route” du navigateur Bernard Moitessier en fait partie, qui est une leçon d’humilité et qui décrit parfaitement le processus progressif entre le doute (de soi) et la plénitude.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *