Chaque fin de mois (enfin, quand je suis pas en road-trip), une sélection des meilleures infos et des meilleurs articles de voyage et moto, pris à droite et à gauche. En plus, je fais presque court, pour une fois. Que demande le peuple ?

Photo de une : Johann Walter Bantz, cc Unsplash.

Du road-trip ! Du road-trip ! du road-trip !

Deux amis d’enfance partent de Quimper à Istambul en caisse. Ils font un peu Ken et Barbie, mais ils ont l’air sympa comme tout. Pendant ce temps, une mamie de 89 ans et son petit fils parcourent les USA depuis 4 ans, dans un voyage spécial parcs nationaux. La vidéo est visible sur Facebook, sinon j’ai trouvé un mini article ici.

L’écho.be t’invite dans un chouette reportage à participer avec une voiture ancienne, sans autoroute, et sans GPS, au Baltic Sea Circle Rally, qui va de Hambourg au Cap Nord et retour en 16 jours. L’article contient quelques approximations, mais sache via le site officiel du rallye que le ticket d’entrée est à 890 euros pour deux, et qu’il te faudra lever 750 euros pour des assos caritatives. Départ février 2020.

Tu as déjà poussé la porte d’une agence de voyage, toi ?

Avec le ouèb, je les croyais déjà mortes et enterrées, les agences de voyage. C’était avant que je me rende dans l’une d’elles pour faire une économie de 200 balles sur mon billet d’avion. Et avant que je lise dans Les Échos qu’elles font de la résistance.

Les touristes sont-ils tous des abrutis ?

C’est ce que demande en substance Slate.fr, qui, comme souvent, répond un peu trop superficiellement et très rapidement à la question.

Un road trip en van peut-il être zéro empreinte carbone ?

C’est la bonne question posée par 20minutes.fr.

Voyage au bout de l’ennui

Ben Blake, dont j’ai parlé ici, a sorti son deuxième film de voyage moto, à voir là. C’est toujours pas ma came. Mais c’est peut-être la tienne.

Dans ma boule de cristal…

Korii (la page “mutations numériques” de Slate.fr) nous avertit que les avions écolos, c’est encore pas pour tout de suite. Un jeune Nancéien se lance dans une appli de road trips boostée à l’intelligence artificielle.

Encore plus intéressant, Moto-station.com se demande à quoi ressemblera le casque moto du futur. Lis-ça, c’est vraiment bien.

En attendant les casques, j’ai trouvé ma prochaine veste moto.

Triumph en avait rêvé, les petits français de Raylier l’ont fait, mais c’est peut-être Lite Gear qui propose le système le plus abouti aujourd’hui. Soit une veste bardée de leds synchronisées à ta moto pour avertir les automobilistes de tes clignos et feux stops.

Si tu comprends l’anglais (et même si tu comprends pas, parce que c’est court et très visuel) tu peux passer par cette petite vidéo de la chaîne Fox sur Facebook. Sinon, rdv directement sur le site du fabriquant, pour acheter une veste à 1300 $ (en promo).

… la probabilité de devenir un vieux con est très élevée.

Le tout est de l’accepter. Après plus de 900 articles voyage en 12 ans (12 ans !) Stéphane de “La Page à Pageau” a traversé plusieurs crises qui peuvent s’apparenter au burn out du blogueur. Autant fatigué d’écrire que de voir le milieu trusté par les renards d’Instagram, qu’on croirait tous sortis du même moule (option école de commerce). Je te linke ici le billet qu’il avait écrit à l’occasion des 10 ans de son blog. Ne t’arrête pas à son titre, la lecture est vraiment intéressante.

Mélusine <3

La baroudeuse moto Mélusine Mallender est l’une de mes héroïnes perso. Je dis ça alors que j’ai jamais vu ses vidéos de road-trips au contact des femmes des 4 coins du monde (sur la chaîne Voyage). Je la suis essentiellement par interviews, comme ici, chez Outside.fr.

Tiens, et tant qu’on y est, l’AFP, via Libération.fr, fait le point sur la place des femmes en moto (GP).

Au Pérou avec femmes, enfants et motos

L’inénarrable Laurent Cochet, grand gourou du voyage moto à la française avec madame Mallender, livre sa dernière fournée au Pérou avec sa smalah. Je tique toujours un peu sur les titres en anglais à moitié cuits (Family road trip au PÉROU. Y’a un truc qui me choque) mais à part ça, c’est du tout bon.

Oui, je tique sur le franglais alors que j’utilise moi-même des termes comme “linker”, mais c’est mon blog, je dis ce que je veux.

Qui c’est la meilleure ?

C’est ballot. Cet été 2019, pendant que j’avais le dos tourné, Moto Magazine a publié un hors-série “Les 50 meilleures motos pour voyager“. 50 !

J’aurais plein de choses à en dire, sans l’avoir lu (hum…) notamment que la meilleure moto c’est toujours la tienne. Pas besoin d’une GS. Et qu’on fait pas mal de choses en Street Triple, si on a pas peur de la ruiner : chemins en sable, terre et cailloux, j’ai donné.

Mais ce serait un peu “péremptoire” (lire les commentaires sur Motomag ici).

Et la vérité c’est que barouder en roadster, c’est pas facile facile tous les jours. Une chose est certaine : les trails c’est pas pour moi (mais repose-moi la question dans 20 ans). Si j’ai pas trop la flemme, je commanderai le hors-série. Parce que commenter les articles sans les avoir lus, c’est mal.

Très mal.

… c’est la nouvelle nouvelle Street Triple R (S)

Puisque je parle de ma Street Triple, impossible de faire cette revue de presse sans te pointer vers la nouvelle nouvelle version du modèle, la Street Triple RS 2020 (sur Moto.net). Malgré sa radicalité – les phares, on dirait un hibou de manga ! – je me laisserais bien tenter… ou pas.

(Ma prochaine moto sera très probablement un Scrambler. Quand mon compte en banque se sera remis de ma virée aux USA.)

Sillonner la France en auto-stop, ça déchire !

C’est le titre d’un petit article aussi sans prétention que bien troussé d’Openminded.

Pour terminer…

Le Lonely Planet sort son top des 10 pays à visiter en 2020 – autant dire qu’ils sont foutus. Et si tu as 5 minutes, tu peux aller rendre une petite visite aux prédictions voyage 2020 du site Booking.com. Au delà des poncifs (“le voyage sera connecté”), tu apprends deux trois trucs sympas, comme le fait que “55% des propriétaires d’animaux domestiques affirment que leur animal est aussi important pour eux que leur(s) enfant(s)”.

Y’en a qui sont vraiment pas finis.

4 Comments

  1. Merci pour cette page, très pertinente et très bien montée une fois encore.
    Le seul problème, et de taille, c’est que, bien involontairement de ta part, elle a failli me foutre le bourdon!

    Car bon nombre de tes articles démontrent de parfaite manière que ce domaine du voyage, celui qui est sensé forger nos choix et nos existences, a tellement changé…

    Avant d’aller plus loin, il me faut d’emblée préciser que je suis un vieux con. Même si ceci n’explique pas forcément cela, et même si je suis très loin d’être un adepte indécrottable du “c’était mieux avant” .

    Mon premier grand voyage en deux-roues, un grand tour d’Europe en solitaire et à Mobylette, je l’ai réalisé à l’âge de 15 ans… C’était en 1972. L’année suivante, mon permis moto en poche, je partais pour les régions Sahariennes, voyage qui sera finalement reporté en 1974, la première tentative ayant échoué à la suite d’une brutale rencontre avec une automobile près de la frontière espagnole.
    Ce fut le début d’une vie axée sur le voyage et çà ne s’est jamais arrêté en dépit des aléas de la vie et des contraintes professionnelles. Ce qui n’a jamais changé non plus, c’est le recours aux mêmes références, à cet esprit de liberté et d’accomplissement personnel directement dicté par ces époques bénies où l’aventure n’était pas compatible avec la valorisation de soi ou la notion de performance et de record.
    A cette époque bien entendu, il n’y avait d’ailleurs ni smartphone, ni caméra, ni drone, ni même de vrais appareils photo, donc rien qui permette de se placer au centre du système solaire…

    Exactement le contraire de ce à quoi nous assistons aujourd’hui…

    J’ai visionné toutes les vidéos que tu cites en exemple dans ton article, et aussi dans ta page « masterclass en 12 vidéos ». Ce fut affligeant et extrêmement pénible.
    Sur ce plan-là, je serai beaucoup plus sévère que toi, il n’y a rien à garder et donc tout à jeter.

    Car les fondamentaux du voyage à moto, c’est quand même pas compliqué, c’est la monture, les contrées qu’on traverse et les gens qu’on y rencontre. Point final.

    Autrement dit, le voyageur lui-même, ce qu’il pense, ce qu’il ressent, la tête qu’il a, ses connaissances sur l’histoire et la culture des pays traversés, ses considérations politiques et son avis sur tout et n’importe quoi, mais aussi (sur le plan purement technique), sa maîtrise des outils de prise de vue et de communication, on-n’en-a-rien-à-faire !

    Personnellement, je ne comprends même pas comment on peut faire un récit ou un film de voyage à moto sans mettre en avant absolu la moto elle-même, comme ont pu le faire un Moitessier ou un Poncet à l’égard de leurs voiliers lors de leurs extraordinaires aventures en mer… La moto, c’est la compagne intime, celle qui permet l’aventure et ses aléas, sans elle le pilote est mort, et avec lui le voyage et le voyageur.

    Alors, quand je vois tous ces films, aussi techniquement léchés que vides de sens pour celui qui aime le vrai voyage, je me dis qu’un retour aux fondamentaux serait tellement rafraîchissant.

    J’avais prévu d’acquérir pour la première fois une GoPro, voire un drone pour mon prochain voyage. Après avoir lu ton article, je partirai seulement avec un petit appareil photo compact et peut-être un ou deux de ces appareils jetables Ilford Black & White qui en montrent sans doute beaucoup plus en 24 poses que toute la nouvelle technologie réunie…

    1. Alors, par où commencer…

      Avant toute chose pour les gens qui nous liraient ici, je précise que tu fais référence à cet article sur les films de voyage.

      Comme dans chaque pratique, il y a les pionniers, les innovateurs, les passionnés. Et puis ce qui était jusque là confidentiel passe à la mode et se démocratise. Les pionniers du coup font souvent un peu la gueule de voir leur terrain de jeu envahi par monsieur et madame tout le monde qui déboulent sans connaître toutes les règles, voire en les tordant pour qu’elles soient plus confortables.
      Ça marche pour à peu près tout, et ça va beaucoup plus vite avec le développement des nouvelles technologies. Ici le GPS, les smartphones, les drones, Facebook et les forums, pour organiser son voyage confortablement – je n’ose pas imaginer les prises de tête qu’il m’aurait fallu pour expédier ma moto aux USA avant internet.

      Les nouvelles technologies et l’époque veulent qu’on soit très égo-centrés, qu’on se mette en scène. J’ai un point de vue plus nuancé que toi là dessus, car je m’y adonne allégrement sur mon blog (et depuis mon road trip américain, parfois en vidéo), tout en ayant un certain recul : je ne fais pas partie de ces jeunes nés un smartphone et Snapchat à la main, me mettre en scène n’est pas naturel.

      Je fais la différence entre les films creux, inspirés des influenceurs marketeurs publicitaires ou produits par des petits génies de l’image qui ne travaillent pas le fond. Il y a aussi les films qui n’ont rien compris et sont l’équivalent des soirées diapos d’antan : celui qui commente s’éclate, les autres s’ennuient prodigieusement. Et puis il y les films plus personnels, avec un regard. Ceux-là peuvent être maladroits, irritants, tu peux ne pas accrocher à la personnalité du vidéaste, mais ils tentent quelque chose. Faire passer une expérience humaine. Je ne serai peut-être pas d’accord avec tout ce qui y sera dit dans la vidéo, mais j’apprécierai le partage, la réflexion, un regard personnel et plus large que la simple relation avec la moto.

      C’est de la multiplication de ces regards personnels qu’on fait connaissance avec le monde. Les technologies et techniques ne sont pas une fin en soi, mais un moyen.

  2. Merci pour ta réponse. Je suis globalement d’accord mais quelques points méritent le débat:
    – Je n’ai jamais assimilé ceux qui ont une expérience du voyage et de l’aventure à des pionniers. Sans doute doit-il y en avoir qui considèrent en faire partie, il y a des cons partout et à toutes les époques, mais bon nombre des aventuriers qui ont fait leurs armes dans les années 50/60/70, époque qui justement n’envisageait le voyage que comme un aboutissement personnel, donc contraire à la notion de record, d’exploit, de performance et de médiatisation, ne se considéraient certainement pas comme des pionniers. Le seul but de l’écriture de livres et de réalisation de films à cette époque était très basiquement de contribuer au financement du voyage ou des voyages suivants. Lorsque tu discutais avec Moitessier par exemple (j’ai toujours considéré qu’il y a une analogie évidente entre les aventures en mer et à moto), qui a écrit les livres qu’on sait et qui sont devenus des best-sellers, il te fusillait du regard et se fermait illico comme une huitre si tu lui parlais de son succès médiatique ou s’il te prenait l’envie de le féliciter pour ses exploits… Pour le coup, la notion de pionnier fait tout à fait “vieux con” et, si je ne peux nier que je le suis par l’âge de mes artères, j’espère y échapper pour ce qui concerne l’état d’esprit, comme le prouve en partie mon plaisir à lire les récits de voyage comme le tien.
    Sur le fond donc, je n’ai pas de “terrain de jeu” ni de règles, et si j’ai quelques références, cela ne me dérange absolument pas qu’elles soient discutées, bien au contraire.

    Ce qui me dérange dans les films que tu as cités, et je dirais encore plus dans ceux que tu estimais au dessus du lot, c’est cette forme de dirigisme mâtiné de fausse sensibilité.
    Dirigisme parce que, sous couvert d’images techniquement léchées à l’extrême et de scénario original, capables d’éblouir le spectateur (donc de l’endormir), l’auteur nous assène sans relâche et à chaque seconde sa propre vision du voyage, du pays visité, des considérations politiques ou sociales prétendument liées au pays visité. C’est cette forme de vulgarisation, de wikipediatisation de l’information qui est insupportable en soi, d’autant qu’elle est parfaitement subjective et qu’elle ne repose que sur des connaissances manifestement très partielles des contingences locales et sur une volonté délibérée voire indécente de faire le buzz…
    Fausse sensibilité parce que c’est la marque de fabrique de la communication moderne, notamment celle qui est véhiculée par les réseaux sociaux. On met délibérément en avant ses craintes, ses peurs, les risques qu’on est supposé prendre pour valoriser le projet et, une fois encore, pour le rendre médiatisable. La peur est faite pour être évaluée puis combattue, c’est le propre de l’instinct de survie. Or, qu’elle soit réelle ou feinte, elle est devenue un vecteur principal de promotion médiatique. On est bien là dans la lignée des divers reportages actuels de voyages ou autres émissions soit-disant aventurières de TV réalité…

    – Je n’ai pas non plus assimilé ton propre voyage et la forme de ta communication à ce que je décris plus haut. Bien au contraire, je prends plaisir à lire tes articles et je ne manque pas une occasion d’en parler à des amis, même si pour une bonne part ils sont étrangers et donc confrontés au problème de la langue. A part quelques sites très spécialisés et donc sans doute un peu trop fermés, ton site est d’ailleurs le seul que je “fréquente” régulièrement.
    J’ai une approche forcément plus mitigée pour ce qui concerne les vlogs, mais là on est clairement dans l’aspect générationnel, donc je ne dis surtout pas que j’ai raison! 🙂

    – Le seul vrai point de désaccord, c’est lorsque tu dis qu’une meilleure connaissance du monde est issue d’une multiplication des regards. Dans la mesure où les techniques de communication actuelles n’ont délibérément pour but que la médiatisation, la monétisation et la valorisation personnelle, je crois au contraire que la connaissance du monde a tout à y perdre. Quant aux regards, sont-ils tellement multipliés? En visionnant à nouveau tous les films que tu citais avec un regard neuf, et en dépit des différences purement techniques, ne te semblent-ils pas au contraire désespérément uniformes?

    Pour le reste, tu as dis l’essentiel, il y a un sacré problème actuel d’égocentrisme, celui-là même qui tire la culture et la notion d’aventure vers le bas.

    Comme je le disais dans mon post précédent, j’ai failli moi aussi succomber à l’envie de faire un petit film sur mon prochain voyage (qui sonne un peu comme le der des der dans mon cas, du moins avec le type de véhicules que j’aime bien), utilisant pour cela les technologies les plus modernes. Ton article sur les films de voyage m’a heureusement remis les idées en place, et ce n’est pas le moindre de ses intérêts!

    1. On n’a pas fondamentalement de désaccord, mais j’essaie de cerner au mieux tes propos et d’apporter de l’eau au moulin pour le plaisir de débattre. Et parce que tu défends bien tes idées (il faut vraiment qu’on se rencontre, je crois qu’il y a matière à faire un chouette article sur toi et le voyage).

      – Je veux bien croire que les choses, et certaines personnes, étaient facilement plus authentiques avant. Mais le tourisme et la consommation du monde ont pas commencé dans les années 50. A l’ouverture du Yellowstone, fin des années 1800, les gens faisaient la visite en groupe et en calèche. Des explorateurs avides de gloire, il y en a toujours eu. Donc je ne sais pas s’il y a eu une époque bénie. En tous cas, moi je ne la connais pas. J’ai acheté mes premiers billets d’avion sur internet, et je n’ai le permis moto que depuis 5 ans. Je suis d’une génération entre deux, suffisamment vieux pour avoir connu le monde sans le web (et sans la youtubisation du voyage), mais suffisamment jeune pour pouvoir apprécier pas mal d’aspects et les embrasser. Si tu veux la vérité, je pense que c’est pile-poil la bonne génération. Il y a des choses qui me semblent fakes, et d’autres très sincères. Des choses que je rejette : tweeter ou Instagrammer les moindres instants de mon voyage, les tests de matériels ou d’hôtels sponsorisés… ou encore les émissions de télé préfabriquées (Pékin Express, quelle c*nnerie). Et d’autres que je comprends. Vouloir monétiser ses voyages, vivre de sa passion, c’est juste très humain. Moi-même, si j’en avais la possibilité… bref. Le truc, c’est que sur 1000 candidats, il n’y en a que 5 qui y parviendront. Et on est beaucoup – y compris plus jeunes que moi – à se lasser de cet état d’esprit, vraiment. Je compte pas le nombre de blogs voyage en burn out ou qui ont décidé de dire m*rde à la pub. De là à trouver tout uniforme, de dire que ça n’a pour but que la médiatisation / monétisation / valorisation personnelle… tu atteins un absolu trop élevé pour moi. Et quelqu’un d’encore plus radical que toi pourrait te rétorquer que de toute façon, tout voyage est un truc de bourgeois.

      – Ce qui me chagrine, c’est que tu mettes tous les films dans le même sac ! Rien à sauver ! C’est dur. Je vais pas développer sur mon précédent argumentaire sur la « personnalisation » du voyage mais elle me semble nécessaire et encore une fois très humaine. Un film, une personne, une vision : avec ses qualités et ses limites, forcément. Ça vaudra toujours mieux que l’absence de vision. N’oublie pas non plus qu’en 10 films tu en as vu plus en deux heures que n’importe qui il y a 30 ans. Le grand malentendu auprès du public, et qui nous fait beaucoup de tort à l’heure de la post-vérité, c’est de croire que l’information est « objective, » qu’un média (ou une vidéo de voyageur) doit se suffire à lui-même. Je ne parle pas des cas, bien entendu, où le voyageur est manifestement à côté de la plaque, ni comme tu le dis des gens qui veulent faire du buzz à deux euros. Prendre la parole en public avec un film ou un blog doit s’accompagner, sinon d’un geste artistique, d’une certaine responsabilité. Je parle des cas où la multiplicité créée le savoir et le sens, j’insiste (lourdement). Je reconnais une certaine wikipédiatisation du voyage, mais pour moi nous sommes tous coupables, dès lors qu’on monte des blogs, des pages Facebook, qu’on s’échange des tuyaux d’initiés sur des forums à la vue de tous.

      – Et donc, je vais pas le citer, mais dans ma Masterclass des films de voyage, il y en a un en particulier qui rentre dans ce que tu dénonces, et qui me semble d’une fumisterie totale. Je mesure mes propos, mais en privé, je serai beaucoup plus violent. D’accord avec toi sur la mise en scène artificielle de la peur, les ressorts tout aussi fabriqués de l’émotion. Ok aussi, tu n’as peut-être pas goûté non plus le côté chic choc du film sur San Francisco. Mais chez Laurent Cochet, il n’y a rien qui te parle ? Chez Manuel Vivion ? Chez Mélusine Mallender ?

      – En tous cas, je serais très curieux de voir ton film 🙂

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