Je quitte Tirana, Albanie, bien déterminé à trouver le soleil en Grèce, dernière ligne droite de ce road-trip moto 2018. Je nargue les nuages toute la journée à coups d’accélérateur sur des routes bien tordues, et des paysages ma foi bien agréables (le lac d’Othrid…) jusqu’à la frontière Albanie / Grèce. Direction les Météores, l’un des plus beaux sites archéologiques du monde. Après le contrôle d’usage à la douane grecque, j’ai à peine rangé mon passeport et enclenché la 1ere que le ciel me crève dessus sans pitié. Les dieux de l’Olympe, pas tout à fait morts, se paient ma tête. J’accepte.

J’entre de toute façon lentement dans le sas de décompression qui annonce la fin du voyage. Ce moment où l’excitation et l’envie diminuent petit à petit pour laisser la place à la résignation d’avoir à rentrer et à la fatigue.

Un carrefour émotionnel dangereux à moto, que j’ai violemment expérimenté l’année précédente en Slovénie (j’avais abrégé le voyage et étais rentré d’une traite, 1500 km en moins de 24h). Mais bon, j’en ai suffisamment parlé dans les billets précédents, je vais pas te rejouer la chanson. Et cette fois-ci me laisserai pas avoir, nom de Zeus ! Il me reste encore deux trois belles étapes ! La première, c’est

Les Météores.

A la fin de la civilisation, une fois qu’on aura été ensevelis sous nos bouteilles de Coca en plastique et étouffés par nos pots d’échappement, j’espère que les Météores feront partie des trucs qui nous survivront.

La ville en contrebas, c’est Kalambaka, le point de chute des voyageurs en goguette aux Météores.

Le site est absolument somptueux.

Je fais la petite route qui entoure les fameux monastères en une petite journée, sans pression. Je multiplie les arrêts photos et chacun d’eux m’occasionne une belle entorse aux mirettes. Pour une fois même l’intérieur des monastères (mélange de frugalité tout de bois, et de papier peint “mate mon christ et mes apôtres” bling bling doré) trouve grâce à mes yeux.

Enluminures monastère météores grèce
Les photos sont interdites à l’intérieur des salles, fais pas l’imbécile, comme moi. En toute bonne foi j’avais zappé jusqu’à ce qu’on me rappelle à l’ordre.

Fallait quand même être légèrement frappé du ciboulot pour construire de telles maison de Dieu sur ces cailloux haut perchés. Certains feraient bien de s’en inspirer, et troquer couteau contre burin et marteau…

Il y a 7 monastères aux Météores, dont un accessible en visite guidée seulement. J’en fais 3 ou 4 en une toute petite journée.

Agios Stefanos, Aghia Triada et le Grand Météore, sûr, l’autre je sais plus. Entrée à 3 euros chacun, sauf quand le gardien part aux wc (en milieu d’après-midi, quand tous les cars de touristes ont déserté). Les horaires d’ouvertures sont grosso modo de 9h à 17h en belle saison, variables de monastère à monastère, et en hiver.

Note que comme tout lieu de culte, un comportement décent est attendu aux Météores. Si tu as une mini-jupe ou les épaules trop découvertes, on pourra te demander d’enfiler une espèce de châle tablier.

Monastère des météores, Grèce

Dans tous les cas je compte sur toi pour assurer notre réputation. Il y a beaucoup, beaucoup de touristes français en Grèce.

Météores crânes monastères Grèce

Je suis plus ou moins hors saison (mois de mai). Or l’affluence me donne une petite idée de ce qui t’attendra l’été aux Météores, en plein rush, sous un cagnard de plomb.

A Kalambaka – la ville à côté des Météores, parfois orthographiée Kalampaka – j’ai dormi rue Perikleous, à côté d’une blanchisserie qui m’a probablement fait payer le prix touriste : 8 euros pour laver et repasser même pas un kilo de linge. J’ai mangé chez Panellēnion et Meteora restaurant. J’ai une légère préférence pour le premier, mais les deux se valent, dans les 22/25 euros le repas pour une personne.

Au fait ! Renseigne-toi à l’Office de Tourisme de Kalambaka sur les chemins de randonnée qui partent du village vers les Météores.

Et maintenant, des animaux empaillés.

Je reste deux nuits, probablement plus que nécessaire à Kalambaka, et je termine ma journée des monastères tôt. La ville, qui a parfaitement conscience de faire accessoire à côté des Météores, ménage pas ses efforts pour retenir le quidam de passage.

Je me retrouve donc embringué au Musée d’histoire naturelle et des champignons de Kalambaka. Pas plus emballé que ça à la vue d’animaux empaillés au départ, j’ai finalement été convaincu par le soin et la diversité apportés à l’ensemble.

Oiseaux musée histoire naturelle Kalambaka

Il y a un petit shop à l’étage, où j’ai acheté mon seul souvenir de ce road-trip moto 2018, des champignons en bocal à la sauce sucrée. Délicieux.

renards arctiques animaux empaillés musée Kalambaka

Musée d’histoire naturelle et des champignons de Kalampaka, 5 euros l’entrée, 4 euros pour les mômes (4-18 ans). Et donc, tes mômes adoreront. Une heure et demie de visite et c’est bouclé, grand max.

A part ça, la fatigue s’accumule.

Je me découvre de nouveaux muscles endoloris régulièrement, et mes fesses, qui jusque là étaient restées de marbre face au confort spartiate de ma moto sportive, commencent à chanter leurs protestations d’une voix de crécelle. Le moral descend petit à petit et je mange pas assez.

Mais je suis encore libre.

Libre le matin suivant de quitter les Météores pour filer vers la baie du Pelion – comme le voulait le programme – ou de céder aux sirènes d’Athènes – comme mes tripes me le murmurent depuis deux jours.

Problème : si de Kalambaka au Pélion il y a moins de 3h de route, y aller pour tracer ensuite à Athènes porte le total à 7 heures. Sans compter les pauses. Sachant qu’ensuite il faudrait que je donne un gros coup de barre vers l’ouest pour ma prochaine étape. Qu’est-ce que je voulais aller faire au Pelion déjà ? (il paraît que c’est magnifique). Pourquoi revenir à Athènes, alors que j’y ai déjà passé 4-5 jours lors d’un voyage précédent ? (Je suis fasciné par les villes).

En Grèce, j’ai beaucoup pris l’autoroute, et ses nombreux péages. Va savoir, les lecteurs de carte grecs ne reconnaissaient pas ma carte Visa. En manque de monnaie j’ai du me faire faire une reconnaissance de dette, et me faire indiquer la prochaine aire avec distributeur de billets avant de payer au péage suivant.  

Bon. Comment dire.

Je suis libre, et j’ai une moto. Zou.

Je commence par faire la fine bouche devant le Pelion, où j’ai des petits airs de déjà vu. Remember la route mouais bof béton trafic touristes bateau de croisière des bouches de Kotor au Monténégro, alors que je peux aller régulièrement en Corse ?

C’est là que je décide de sortir de la route justement, pour faire les petits chemins le long de la plage entre deux villages.

Soit la meilleure idée que j’ai eue depuis longtemps.

Plage baie du Pelion Lefokastro Grèce

Après quelques plagettes sublimes et désertes, des champs d’oliviers qui sentent la feta (cherche pas. Je me suis pris de passion pour la feta grillée au four en Grèce. Une révélation) j’arrive à Lefokastro, micro village dont un micro restaurant au bord de la mer attrape mon regard.

Lefokastro + Jeremy = coup de foudre.

Y’a pas un chat, un soleil d’enfer. Je prends une table à l’ombre, à un mètre de l’eau et mange avec une vue en Cinémascope sur la baie. Pas le Cinémascope classique format 1,85 non, (où la longueur de l’image est d’1,85 x sa hauteur), mais le bon gros 2,40 à fracturer les verres progressifs de mes lunettes.

C’est d’une tranquillité et d’une beauté ravissantes.

Et j’ai de la feta grillée. Certes, il faut faire abstraction de la bouteille d’eau en plastique qui flotte dans la baie, annonciatrice du jugement dernier. Je la mettrai hors champ dans mon Instagram mental.

Baie du Pélion coralia Tavern Lefokastro
Vraiment désolé, j’ai perdu la moitié des photos de ce road-trip moto 2018 dans un transfert numérique foireux. Celle-là est pas top du tout. Sur la table, deux spécialités grecques, la feta au four et du café frappé.

Le restau en question, c’est la Coralia Tavern, Lefokastro. Pas exactement de la cuisine gastronomique, mais tout à fait ok. Cette vue, nom di diou !

Après ça, convaincu que rien au Pelion ne pourra rivaliser avec ce moment, je reprends la moto pour filer vers… Athènes !

Mais est-ce bien raisonnable ? Suite et fin de ce road-trip moto 2018 au prochain épisode, D’Athènes à Delphes : tempus fugit, les voyages c’est la vie.

Photo de bibi au Galaxy S7, récupérées de mes messageries et réseaux sociaux (Roadtrippeur sur Facebook) parce que j’ai perdu tout le reste. Oh, il y en a quelques unes du Panasonic GH4. J’ai boosté les couleurs sur quasi tous les clichés, parce que comme tu l’as remarqué, je me suis encore pris le mauvais temps et la pluie.

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