Du parc Kruger au Lesotho : le Swaziland top chrono

La dernière soirée au Kruger (lire le premier épisode du journal de bord ici, et le guide du Kruger là) sera une petite déception : il y a pas grand chose à faire à Crocodile Bridge Camp, à part regarder les grivets chaparder la bouffe des campeurs. Pas de restau, pas de bar, et surtout, un magasin de souvenirs réduit à peau de chagrin. C’est ballot, moi qui attendais le dernier moment pour faire le plein. Je repartirai cependant avec Killing for profit, livre enquête de Julian Rademeyer qui dévoile les dessous du braconnage depuis 60 ans – une lecture aussi nécessaire que révoltante (billet à venir).

En parlant de ça, à la sortie du parc, le ranger jette un coup d’oeil dans la voiture, et nous demande d’où on vient, quel temps il fait chez nous ? C’est quoi la monnaie de la France ? Est-ce qu’il y a un président en France ? C’est qui ? Je suis ravi de tisser des liens et je répond avec enthousiasme, jusqu’à ce qu’on s’éloigne et que la miss me douche :

– Tu sais qu’il sait tout ça, hein. Il nous testait pour savoir si on était pas sous couverture.

Ça me vexe un petit peu, j’aimerais être moins naïf, des fois.

Prévois 50 rands de frais de douane pour traverser le Swaziland. Comme au Lesotho, on y accepte la monnaie sud-africaine. Comme pour le Lesotho, il te faut une lettre d’autorisation de ton loueur de voiture. Selon la compagnie, ce pourra être gratuit. Mon loueur m’a fait payer 125 euros pour les deux royaumes.

Il est sept heures du matin et on doit relier le Kruger à Durban, c’est la première d’une des deux grosses journées de voiture prévues sur le voyage. La route la plus rapide passe par le Swaziland – prévois 50 rands pour les frais de douane. On passe le minuscule royaume en un claquement de doigts via Big Bend. Beaucoup de champs et d’usines de canne à sucre, de nids de poule. Quelques mines de diamant. Le plus long, finalement, c’était de passer les formalités aux frontières. On vient d’un coup de rajouter une poignée de tampons sur la collection de nos passeports.

Des pennes à la romaine aux requins à pointes noires

La route N2 jusqu’à Durban ? du billard. Et l’occasion d’halluciner constamment sur le rapport qu’entretiennent les sud-af’ avec leurs routes. C’est pas non plus une découverte, j’ai déjà vu quelques docus sur l’Afrique, hein, mais sur une autoroute goudronnée limitée à 120, ça fait son petit effet. On trouve de tout : auto-stoppeurs ou en attente d’un bus, joggers, cyclistes, marcheurs, vendeurs à la sauvette, hommes, femmes, enfants.

Il est 17h30 quand on arrive à Berea, quartier ma foi sympa de Durban où notre hôte nous conseille le restau italien Spiga. Aussitôt dit, aussitôt fait : un verre de vin rouge copieux, une pinte, des linguine maison, des penne à la romaine et deux expressos : 273 rands… entre 16 et 17 euros. Une jolie petite tuerie (les locaux viennent y commander leurs pizzas) sur une artère animée, qui abrite une bestiole en voie de disparition : un vidéo-club !

Un restau à Berea / Durban : Spiga ! 200 Florida Road, Morningside, Durban, 4001

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Odette de Blue Wilderness présente les consignes de sécurité avant une sortie avec les requins à pointes noires.

Le lendemain matin, lever à 5h15 pour aller nager à Scottburgh avec les black tips, requins à pointes noires, via Blue Wilderness.

A ce moment là ça fait très exactement une semaine qu’on est en vacances, et j’ai encore pas réussi à rentrer pleinement dedans. Je flippe pour la voiture (même si ça va beaucoup mieux que lors du premier jour, j’ai arrêté de faire grincer les vitesses), je flippe pour l’organisation… Hier soir après le restau j’ai passé ma soirée à me ronger les sangs, car grosse galère pour joindre Blue Wilderness (dernière fois que je pars à l’étranger sans pouvoir passer des appels). A six heures du matin j’ai toujours pas le lieu de rendez-vous, et on doit être au Lesotho avant la fin d’après-midi.

J’ai les nerfs en pelote électrique, j’arrive encore pas à profiter, malgré le Kruger.

Le déclic survient à la villa de Blue Wilderness, confortablement assis sur le canap, un mug de café en main, quand Odette nous fait son speech de présentation sur les requins. Déjà : on y est, j’ai ça en moins sur la patate. Odette a fini par nous appeler sur la route pour nous filer l’adresse exacte.

Et puis il y a quelque chose chez Odette, d’éminemment rassurant.

Je sens que je peux me lâcher, ça y est, je suis entre de bonnes mains.

La sortie ne décevra pas – et fera l’objet d’un billet. EDIT : je raconte ici la sortie avec les requins bleus, et celle avec le requin blanc.

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Roadtrippeur et la Miss en charmante compagnie au large de Scottburgh

On décolle de Scottburgh vers midi, direction le Lesotho via les R612 et R617. La route est super jolie, entre le Kruger, l’autoroute et la mégalopole Durban : on a l’impression de toucher enfin l’Afrique du Sud de base. Celle avec ses villages, ses bouis bouis, ses animaux sur le bord de la route… sa ruralité. L’arrêt à Highflats pour un ravitaillement au supermarché est à ce titre un gros coup de coeur. On n’a pas l’habitude d’autant de couleurs, autant de bordel, autant de système D. N’importe qui avec un sac d’oranges et une cabane en tôle peut ouvrir un commerce.

Highflats supermarket mall commerces ravitaillement du parc Kruger au Lesotho
Highflats, sur la route entre Scottburgh et le Lesotho. Sur le parking du supermarché, d’autres commerces fleurissent, plus ou moins officiels.

Entre Scottburgh et le Col Sani, tu peux ravitailler en bouffe à Highflats, et en essence à Underberg.

Je goûte une eau gazeuse au melon absolument trop sucrée et absolument dégueulasse, et on prend de quoi faire des tartines dans la voiture. On reprend des forces après la trempette du matin.

Je vais en avoir besoin.

Direction le Col Sani ou Sani top, spectaculaire et dangereuse porte d’entrée au Lesotho qui culmine à 2900 mètres d’altitude – on en connaît qui y ont mouru.

Photos roadtrippeur et sa miss au canon 100D. Photos des requins : Blue wilderness avec une gopro. J’ai légèrement retouché les contrastes et la luminosité.

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