Dans le cadre de mon road-trip moto nord américain, j’ai voulu demander un visa pour les USA. Chose qui te sera indispensable dès que tu veux partir plus de 90 jours.

Je te rassure de suite : c’est une opération absolument bénigne. Il y a que les frais administratifs qui piquent un peu. Prix, formalités, questions pièges, documents à amener : je te dis tout ce qu’il y a à savoir.

Si tu es très très pressé, passe direct à la fin de l’article, et cherche la boîte verte.

Je l’ai déjà dit dans ces colonnes, je le répèterai encore : j’essaie de me donner des airs cool, mais je suis un gros flippé. La première étape logistique de mon voyage a donc été d’entamer une demande de visa 10 mois à l’avance 2 ans en avance, en juin 2017.

Je ne savais pas combien de temps j’allais partir exactement.

Dans ma tête, j’étais toujours dans les cercles concentriques du gros pavé jeté dans la mare par l’élection de Trump. Ses sorties sur l’immigration. Le fait que j’allais arriver à la frontière Canado-américaine avec une moto immatriculée en France. Je pouvais tomber à la douane sur un enquiquineur.

Pour peu qu’il soit fan de Donald, je serais marron.

Pas de visa, pas de Ferrero Rocher ?

A la sortie de l’ambassade, j’ai su que c’était une mauvaise lecture. Je suis bien blanc et propre, avec ma p’tite gueule d’amour. Pas le profil visé par les délires du 45e président américain.

Maaaaaaais. Je me disais qu’avoir un visa était aussi une preuve de sérieux à la frontière, quelle que soit la durée finale de mon trip (pour les voyages inférieurs à 90 jours, un simple ESTA suffit).

Enfin, je voulais régler cette histoire de visa avant d’engager le moindre cent dans l’affaire ou faire une demande officielle de congés auprès de ma DRH. J’ai donc préféré demander un visa pour les USA le plus tôt possible, car pas de Visa, pas de fête de l’ambassadeur, et pas de Ferrero Rocher.

ambassade États-Unis Usa Etats-Unis à Paris
L’ambassade des États-Unis à Paris. Photo : Discover Diplomacy

Demander un visa pour les USA par internet en deux étapes

Première étape : rends-toi sur le site de l’U.S Departement of State pour remplir le formulaire DS-160 afin d’obtenir un visa B2 (pour tourisme ou traitement médical). Tout est en anglais. Fais-toi accompagner d’un pote qui maîtrise s’il faut. Munis-toi de ton passeport, et du scan, propre, d’une photo d’identité officielle récente.

Le questionnaire prend environ vingt minutes à une demi-heure à remplir.

Une longue litanie de renseignements administratifs à donner (un tout petit peu plus d’une centaine).

Date de naissance des parents, tes années d’études supérieures, la date d’obtention de ton diplôme et adresse de l’établissement qui te l’a délivré.

La liste des pays déjà visités.

Adresse et contact de ton employeur (et montant de ton salaire !).

Nom, prénom etc de ta compagne / ton mec.

Ton numéro de sécu, aussi (national identification number).

A un moment, on te demande “address where you will stay in the U.S.”.

Fais pas de fixette là-dessus et marque ou l’adresse de l’hôtel / personne qui t’accueille la première nuit, ou l’adresse d’un magasin. Perso j’ai mis l’adresse d’un magasin d’équipement de camping dans le Maine où je me sentais bien d’aller chercher une cartouche de gaz pour mon réchaud (interdite dans les avions).

Toute la vérité, rien que la vérité, je le jure votre honneur

Et puis il y a les questions relatives à ton passé avec les Etats-Unis et tes intentions, auxquelles tu vas beaucoup répondre “NO”, à moins de verser dans le terrorisme ou le trafic d’êtres humains.

J’ai été honnête jusqu’au bout et j’ai choisi de raconter mes petits démêlés avec la justice, 15 ans plus tôt – quand je tombais juste du nid – et qu’on m’a choppé à Lille avec une micro boulette de cannabis et un poing américain.

(Note pour un éventuel futur employeur qui lirait ces lignes : j’ai un casier judiciaire vierge, d’acc ?)

Tu peux remplir le questionnaire en plusieurs connexions, si tu veux (note le mot de passe !). A la fin, tu te retrouves avec ce document :

confirmation de demande de visa pour les USA
Voilà voilà, quoi.

Il te faudra l’imprimer et te présenter avec à l’ambassade pour demander un visa pour les USA.

Deuxième étape : demander un rendez-vous à l’ambassade et payer

Ça se passe sur le Visa appointment service du Département d’État et ça se fait en deux clics. Le tout est d’avoir sa carte bleue avec soi, et de s’acquitter de la modique somme (à l’heure où j’écris ces lignes) de 152 euros.

Oui, oui, je sais. Dis rien.

Enfin, le rdv à l’ambassade à Paris

Dans le très chic 8e arrondissement, métro Concorde. J’avais rendez-vous à 11h, je me suis pointé à 10h20. A partir de là, tout le processus a pris 40 minutes. C’est qu’à ce moment que j’ai vraiment compris que demander un visa pour les USA était beaucoup moins compliqué que les nœuds que je m’étais faits dans la tête.

Premier contrôle à l’entrée, détecteur de métaux, vérification que tu as pas oublié ton formulaire de demande et ton passeport. On te demandera d’éteindre ton smartphone.

Deuxième contrôle à la cabine du pc sécurité, où tu vides tes poches, où on scanne tes sacs (conseil : viens léger) et où tu laisses ton smartphone. Entrée dans le bâtiment principal. “Bienvenue aux Etats-Unis, monsieur”.

Premier contact avec un agent de l’immigration qui fait la même chose qu’à l’entrée : regarder ton formulaire, ton passeport. Et prendre tes empreintes. Deuxième contact à un autre guichet et entretien proprement dit. Tu es pas vraiment là pour raconter ta vie. L’officier – qui en a vu d’autres – met de toute façon pas plus de zèle que ça à l’entendre.

10 minutes chrono

En 10 minutes à tout casser, c’est réglé. Et en français, s’il te plaît.

“Vous êtes déjà allé aux États-Unis ?” “Oui.” “Vous avez eu des soucis avec la police ?” “Non”.

Tapote pendant trois plombes sur son clavier.

“Vous avez déjà été arrêté ?” “Hum, oui, mais c’était il y a 15 ans, et j’ai pas l’intention d’amener des drogues aux États-Unis.” “Oh, ok”.

Tapote pendant trois plombes sur son clavier.

“Et après votre séjour aux États-Unis, vous faites quoi ?” “Ben t’en as de drôles, toi. Je rentre” “Oh, ok”.

Tapote, etc.

Épilogue

Tu liras ça et là des informations contradictoires sur les documents à amener pour l’entretien. Sache par exemple qu’on te demande plus l’enveloppe Chronopost. C’est l’ambassade qui ponctionne sur les 152 euros de frais pour s’occuper de l’expédition (tarif constaté en 2019 : 160 $)

Les deux seuls docs obligatoires, sont l’attestation de demande de visa reçu à la fin du questionnaire rempli à l’étape 1, et ton passeport.

Perso, j’ai montré mon planning de voyage prévisionnel jour par jour (!). Le devis / budget estimatif de mon voyage. Et mon casier judiciaire vierge (j’insiste pour un éventuel futur employeur). J’étais venu aussi avec copie de mon livret A bien garni – mais l’officier l’a même pas regardé.

En fait, ton souci devra être de défendre toute aspérité dans ton dossier, dans l’idée de rassurer l’officier.

Non, tu comptes pas rester dans le pays, oui, tu as les moyens de subvenir à tes besoins. Non, tu fais pas partie d’un groupe de bandits de grand chemin, toussa toussa.

A la fin de l’entretien, on t’indique que ton dossier est accepté, on garde ton passeport et en échange tu repars avec ça.

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Tout ça pour ça ?

Deux à quatre jours plus tard, tu reçois ton passeport avec ça :

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Et bon voyage !

Je résume : comment demander un visa pour les USA ?

Première étape, remplir le questionnaire ici et imprimer le récépissé de demande. Deuxième étape : s’inscrire ici, payer les frais de visa (160 $ en 2019) et demander un rendez-vous à l’ambassade. Troisième étape : se rendre à l’ambassade à Paris, rue Gabriel (8e arr.) avec son passeport, son récépissé de demande, et tout document qui permet d’expliquer toute situation qui sort de l’ordinaire. Le souci majeur de cette formalité administrative est pour l’officier d’État Civil américain de s’assurer que tu as les moyens de payer ton séjour là-bas et que tu comptes pas t’installer illégalement dans le pays. En pratique, il y a aucune raison de baliser. Ton passeport avec le visa t’es renvoyé 2-3 jours plus tard par La Poste avec accusé de réception. Note bien qu’il te garantit en rien l’entrée aux USA. Mais tant que tu trempes pas dans des affaires louches, ça devrait aller…

Bonus :

En revenant sur le site web de demande de visa récemment pour cet article, alors que la page moulinait, j’ai surpris cet accès backoffice (?).

J’espère que l’identifiant est pas “The dude…” ni “The big…” !

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