Moi, six mois avant le départ à peu près : Hey, j’ai trouvé un truc sympa, c’est de rentrer au Lesotho par le Sani Pass là, le col Sani. Y paraît qu’il est super beau mais super difficile, regarde, y’en a qui tombent dans des ravins. On peut le faire qu’en 4×4. Et puis comme c’est l’hiver on va peut-être se prendre de la neige et rester bloqués en haut.

La miss : KWAAAA ?! NONMAISÇAVAPAS ! TUVEUXQU’ONMEURE ?

Moi : Moi j’voulais faire la route des whiskies en Écosse, c’est toi qui as voulu plonger avec les requins en Afrique du Sud. Alors hein. De toute façon t’as pas le permis et y’a que moi qui conduis. Ipso facto[je suis le genre de type qui case des Ipso facto à l’oral].

Col Sani, ou pas col Sani ? Col Sani !

4x4 obligatoire Roadtrippeur col sani pass
Tiens, je suis tellement content d’avoir persuadé madame et surmonté mon appréhension que je te colle ma tête de vainqueur : tu seras pas venu pour rien. Comme tu peux le lire sur le panneau et plus bas dans ce billet, le 4×4 est obligatoire pour monter au Sani, même si les contrôles ne sont pas systématiques.

Aaah, ce col Sani. Pendant des mois, j’ai fantasmé son goût d’aventure, tout en le redoutant. J’ai hésité à annuler la réservation jusqu’au dernier moment, moyennement chaud à l’idée de finir dans un ravin, ou de rester bloqué par la neige au Sani Mountain Lodge, comme ces deux touristes, pendant deux semaines (ça s’est passé 15 jours avant notre arrivée…).

C’est que je prenais le 4×4 exprès pour le col Sani et le Lesotho, et je me faisais pas trop confiance, sur le coup (lire l’épisode 1 de ce carnet de bord).

C’est qu’auprès de l’agence de location, la différence de prix entre une voiture de base et un 4×4, c’est à peu près un rein.

Tu nous vois, arriver là-bas pour se voir bloquer l’accès pour cause d’éboulement sur la route ou de 50 cm de neige ?

 …

Finalement, mon coeur a mis un gros coup de boule à ma raison en signant son forfait ainsi : « si tu tentes pas le col Sani, tu vas le regretter toute ta vie ». Mmm. Imparable. Si j’avais pu fonctionner comme ça à 15 ans avec les f—

—mais je m’égare.

Le 4×4 est obligatoire (par la loi) pour franchir le Col Sani. Pas un SUV avec une garde un peu surélevée, non : un vrai four wheel drive. Tu en trouveras toujours pour dire qu’ils ont fait sans. Effectivement, si tu as le terrain et la météo avec toi, c’est très faisable. Mais c’est idiot : s’il t’arrive le moindre truc, tu risquerais d’avoir un pépin avec l’assurance.

Col Sani vu du Sani Mountain Lodge
Entrer au Lesotho par le Col Sani, et en profiter pour rayer un petit truc de plus à sa bucket list.

Taïaut ! A 2900 mètres de haut

Un an plus tard nous y voilà. D’entrée, je vois que la route a bien eu le temps de sécher depuis la dernière neige, et je me relaxe. Je vais d’ailleurs te ruiner le suspens de suite : l’ascension du Col Sani s’est faite tranquilou bilou. Conduite en position normale jusqu’au poste de douane sud-africain, puis passage en 4×4 un peu après, surtout par sécurité. Un peu de concentration sur les 4-5 derniers virages, il est vrai en épingles et plutôt raides.

Enfin, en moins d’une heure, c’était réglé !

En hiver (austral) les conditions d’accès peuvent changer d’un jour à l’autre. En été, les fortes pluies peuvent rendre le chemin impraticable. Je l’ai franchi mi-août (fin d’hiver austral si tu suis bien), en étant prêt à changer mes plans. Pas sûr que j’aurais pu le faire en juillet (cf histoire des deux touristes bloqués). D’ailleurs, il a encore bien neigé une semaine après notre passage… Le passage à la douane sud-africaine (à mi-chemin) est gratos, celle du Lesotho (au sommet) coûte 40 rands. Les douaniers nous ont accordé plus de jours dans le pays que ce qu’on demandait. A posteriori, c’est un chouette idée, au cas où crevaison, météo défavorable, etc.

Toutes ces considérations ne doivent pas te faire oublier l’essentiel : le col Sani est tout simplement superbe.

sani mountain lodge auberge col pub africa
Le Sani Mountain Lodge, au sommet du col Sani, quasiment en face du poste frontière, se vante d’abriter le plus haut pub d’Afrique. Précision : les chambres backpackers sont situées dans un bâtiment à 150 mètres de là !

Sani Mountain Lodge, l’attrape-routard

Au sommet, le Sani Moutain Lodge se targue d’héberger le plus haut pub du monde. C’est surtout un relais qui s’adresse à la fois aux routards (backpackers) et aux familles qui rechignent pas à leur petit confort. Il propose donc certaines chambres bien fournies et d’autres plus roots, comme les backpackers accomodations. Elles sont situées dans un bâtiment à part, à… 150 mètres, avec des sanitaires communs, dans un autre bâtiment juste à côté.

Il va sans dire qu’en hiver, les nuits sont fraiches : l’établissement conseille d’apporter un duvet, au cas où. A l’époque de notre passage, serrés l’un contre l’autre dans le lit, les couvertures fournies étaient suffisantes. En revanche sortir pour la douche dans un bâtiment plein de courants d’airs au petit matin a… comment dire. A eu sa part de piquant.

Tu seras en droit de trouver les prix un tantinet excessifs : 80 euros la chambre routarde (un lit simple + deux lits simples superposés) avec petit déj…

Au fait !  Fais-le vite ce col Sani, avant qu’ils goudronnent la route. C’est dans les tuyaux depuis un moment.

Ça y est, je termine ce billet juste avant qu’il soit trop long. Tu vas voir, il y a un twist !

La bonne surprise est d’ailleurs venue de la bouffe. On a graillé comme des coqs en pâte à la table du Sani Mountain Lodge. Salade grecque et tartines de fromage en entrée, puis du gibier cuit à la perfection, des frites et des légumes pour moi, de la truite en papillote pour la miss, et un chouette pudding local en dessert. Le tout arrosé de deux bières et d’une bouteille de blanc « cuvée du patron » qui m’a fait oublier le prix de l’addition (t’en fais pas, il devait être tout à fait convenable).

Le lieu est très chaleureux – et je dis ça alors qu’on était les seuls clients, jusqu’à ce qu’un jeune débarque comme un cheveu sur la soupe pour se boire une mousse. Ça doit être pas mal les soirs de neige avec des gens bourrés qui jouent au Scrabble dans toutes les langues.

On a été servis par Ernest, le serveur le plus gentil de la terre.

Et puis on s’est couchés peu après le soleil, sans se douter que grimper le col Sani n’avait été que du pipi de sansonnet comparé à la journée qui nous attendait le lendemain

Highest pub in the world bouteille de vin blanc sani mountain lodge
Après l’ascension du Sani, une bouteille de blanc pour arroser le repas, et au dodo.
 Photos Roadtrippeur et sa miss au Canon 100D et Iphone5s (dernière photo). PAs de retouche.

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