Au printemps 2017, je me suis mis en tête de rallier Amsterdam, Brême, Prague, Vienne, Ljubjlana, puis revenir à Marseille par l’Italie à moto et en 10 jours. Soit 4600 kms de route et 24h chrono dans chaque ville. Épisode 1 :

J’arrive à Amsterdam un jour de match de foot et l’atmosphère est un brin crépusculaire.

Le ciel voilé, la légère brise sont régulièrement irrigués de la fumée âcre des pétards et fumigènes. Les canaux pulsent de flots rouges blanc vert : des légions de supporters en maillots option canette de Heineken à la main. Les boites d’aluminium tombent régulièrement à l’eau, scandant la mesure des hymnes beuglés en boucle. A 3h de l’après-midi, les officines des péripatéticiennes fonctionnent en vitesse de croisière, visités par les gus venus se donner du coeur à l’ouvrage – supporter, ce sacerdoce ?

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Amsterdam, quelques heures avant un match de foot important de l’Ajax.

Je ressens une dissonance troublante entre l’agitation des hommes et l’architecture si typique et trois fois centenaire de la Venise du nord.

Je suis tellement en dehors du coup que je crois que l’Ajax fête sa victoire alors que le match aura lieu que le soir, et que l’équipe d’Amsterdam se fera éclater 0 à 2 par Manchester en Europa League.

Pas grave, les prostiputes auront déjà bien travaillé.

Amsterdam pour les nuls : canaux, putes, et coffee shops

Tout est concentré sur quelques centaines de mètres carrés dans l’hypercentre et aisément parcourable en 2 heures. Ou une heure, si t’es vraiment en mode Speedy Gonzales.

Le fameux « red light district », pour moi c’est une poignée de ruelles perpendiculaires à Warmoesstraadt et Oudezijds Voorburgwal. J’ai pas réussi à trouver ça glauque, amusé de voir que le rez de chaussée d’un même immeuble peut à deux fenêtres d’écart héberger un pub tout ce qu’il y a de plus respectable et le bureau d’une fille en petite tenue dans sa vitrine. Certaines sont franchement jolies tandis que la plastique au naturel tout retapé de certaines madames, qui doivent même pas avoir 30 balais, m’a un peu beaucoup chagriné.

Je te conseille pas de sortir ton appareil photo ou ton smartphone devant la vitrine d’une fille, sous peine de créer la panique et de te faire copieusement engueuler. Je l’ai appris à mes dépends. Charmé par les petites loupiotes rouges en plein après-midi, j’avais pas fait le lien avec le fait que les filles n’attendaient pas la nuit pour bosser et qu’il y avait donc du monde dans les devantures au dessous.

Les canaux ? C’est beau. Paisible. Selon l’heure tu peux rester méditer sur un pont et l’avoir pour toi tout seul pendant un bon moment en regardant les bateaux charrier au dessous avec leurs lots de petits veinards bières en main. J’ai particulièrement apprécié le petit tour à pieds d’Oudezijds Voorburgwal au départ de Oude Kerk (église Oude).

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Je sais pas pourquoi, j’ai un air de Brel dans la tête.

Les coffee shops ? C’est comme le Port Salut, c’est écrit dessus, et c’est vraiment pas difficile de les trouver.

Si tu sais pas rouler, tu pourras trouver des joints déjà faits dans des petites fioles. Il y a même des échoppes spécialisées en champignons hallucinogènes. Une jolie petite exception culturelle européenne qu’il serait bon de conserver, si tu veux bien. Sachant que la ville durcit peut à peu sa politique en la matière, et que les touristes, français en particulier, ont la réputation de s’y prendre comme des tanches. Aussi je te prierai de respecter les coutumes autochtones et de

  • pas consommer dans la rue
  • rester discret
  • te rencarder auprès du vendeur sur le degré d’intensité des produits (facilement plus élevé qu’en France)
  • et donc éviter de te défoncer comme un goret pour qu’on ramasse ta carcasse dans la rue deux heures plus tard.

Pour une expérience plus authentique, je t’inviterai à t’éloigner des coffee shops pour touristes (le Bulldog…) et en trouver à l’écart du centre-ville.

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La ronde de nuit de Vermee – pardon, de Van Gogh.

Le Rijksmuseum

Juste inratable, pour voir du Rembrandt (La ronde de nuit…), Van Gogh, Vermeer (La laitière, évidemment prêtée au Louvre lors de mon passage), comprendre la peinture flamande, mais pas que. Pas mal de choses sur l’histoire du pays, et, au sous-sol, une aile asiatique abritant des pièces renversantes de beauté qui m’ont littéralement enchanté.

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– Chef, les baskets, ça va pas être possible.
Statue de gardien de temple bouddhiste japonais du XIVe siècle au Rijksmuseum.

J’aurai probablement raté ça sans l’application pour smartphones gratuite du Rijks, qui propose plusieurs parcours pour les plus pressés ou anxieux, dont un « chef d’oeuvres ». L’appli dispense aussi des infos supplémentaires sur les œuvres visitées – rien de bien fouillé toutefois.

Être à Amsterdam et prévoir moins d’une demi-journée au Rijksmuseum serait criminel. Je te recommande, en haute saison, d’acheter tes billets pour le Rijks sur internet (17,50 euros, gratuit pour les moins de 18 ans) afin d’éviter la file d’attente, et de te pointer à l’ouverture. Consigne gratuite à l’intérieur et petite restauration sur place, à 2,75 euros le café…

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Mais regarde moi un peu la gueule de ce moine. La vie dans ces yeux. Incroyable. Il s’agit de la statue d’Ajita (Chine, XIIe ou XIVe s), l’un des 18 lohans, des ermites disciples de Bouddha qui ont atteint la perfection spirituelle et sont dotés de pouvoirs magiques. Ici, Ajita écoute la lecture d’un sutra (enseignement de Bouddha).

Un hôtel ? Un restau ?

Effrayé par les tarifs de fin mai, déjà stratosphériques, j’ai fini par crécher à l’hôtel Galerij pour 65 euros la nuit. A ce tarif là pour Amsterdam, faut pas t’attendre à du grand luxe. Le Galerij est clairement défraichi, les chambres sont minuscules. Toilettes et douches sont partagés. Et puis on y accède par deux volées de marches qui défient complètement toute règle d’accès aux personnes handicapées.

Mais c’est propre, et excellemment bien placé dans le centre, ce qui veut dire pour moi un rapport qualité-prix du tonnerre. Tu peux demander la chambre 5 qui donne sur une cour calme et un vis à vis sympa. Routards et couples pas chichiteux, foncez.

Question restau, j’ai testé et approuvé un népalais, Sherpa, parce que j’avais jamais mangé népalais. Gaffe, le népalais, comme l’indien, ça peut vite arracher avec les épices.

A Amsterdam, on vient généralement pas en voiture tant tout est accessible à pieds. Il est quasi impossible de se garer . Et sache que les piétons et les vélos livrent aux véhicules à moteur une guérilla permanente, les vélos étant particulièrement agressifs.

 Zaans Schans

A 15/20 bornes d’Amsterdam (donc tout à fait faisable en vélo en un après-midi), avant de tracer vers Brême, j’ai fait une petite halte à Zaans Schans. Parce qu’un séjour en Hollande sera jamais tout à fait réussi sans  un tour chez les putes un gros pétard aller voir les moulins.

Dans la deuxième moitié du XIXe siècle, Zannse Schans fut un lieu névralgique de la révolution industrielle hollandaise. Tu peux te balader librement, visiter une fromagerie, quelques musées, te caler pour manger, naviguer sur le fleuve, et visiter les moulins bien sûr. Uber-familial et – oserais-je – romantique ?

Tu trouveras plus de renseignements sur la page officielle de Zaanse Schans.

Et comme je sais pas comment terminer ce billet, je te laisse avec ça :

BONUS

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