Si comme moi, tu pensais que le surf était réservé à Hawai et Hossegor, jette un coup d’oeil à Under an Arctic Sky sur Netflix.

C’est Point Break en Islande !

Je continue d’acheter des DVD régulièrement. J’ai pleuré la mort du dernier vidéo club de ma ville. C’est en partie pourquoi j’ai longtemps été réfractaire à Netflix.

Malgré tout j’aurais du mal à m’en passer aujourd’hui. J’y ai découvert de chouettes séries (essaie Dirk Gently, détective holistique !) et je peux voir certaines choses que le modèle télé à la papa aurait du mal à me montrer. Comme Destination Bonheur, ou encore cet Under an Arctic Sky… Avec ses 40 minutes tout mouillé, j’ai pas trop eu de mal à le lancer. Même si ça devait pas être top je m’en fichais, tu vois. 40 minutes c’est quoi ?

J’ai pu le caser en une heure, entre la sortie du bureau et une séance de ciné. Under an Arctic Sky, c’est trop frais pour la télé de papa.

Pas aussi frais que le trip des joyeux drilles qui fait ce petit docu tout droit sorti du congélo.

Under an Arctic Sky : le surf par – 9°

Le réal, photographe de surf professionnel, a une obsession : traquer les vagues dans les pays du grand nord en quête d’une émotion que lui-même est bien en peine de définir. Accompagné de 5 ou 6 doux dingues, le voilà à traverser l’Islande pour rejoindre les fjords, avec van et planches de surf. En plein hiver. Par des températures de – 6 ou – 9° !

Le docu caractérise les protagonistes à grands traits, tout juste retient-on que l’un d’eux traverse une mauvaise passe, sans sponsor, avec des bouches à nourrir, un petit exploit médiatique serait le bienvenu pour relancer sa carrière. Pas le temps de s’appesantir, le montage va a l’essentiel et évacue d’entrée toute dramatisation.

Aussi les premières vaguelettes ridées par ces pieds nickelés d’un nouveau genre, entre deux tempêtes de neige évitées de justesse, émeuvent à peine.

C’est plaisamment, mais avec un certain détachement qu’on suit toute l’incongruité de la situation : « surfer en Islande en hiver ». Un énoncé qui se suffit à lui-même tant il semble frappé du sceau de la débilité la plus totale.

Au fait ! J’ai écrit sur l’Islande ici.

Et paf, la vague

Le film prend son sens dans les 4-5 dernières minutes. Quand je réalise soudain que l’équipe d’Under an Arctic Sky est pas seulement venue chercher le froid, les vagues, les paysages magnifiques de l’île. Mais aussi ses phénomènes météorologiques bien particuliers…

Ce qui se passe alors à l’écran m’envoie des frissons qui font se hérisser les poils sur mes bras.

Fin janvier 2018, on assistait médusés au sauvetage in extremis d’Elizabeth Revol dans l’Himalaya. L’alpiniste dut sa survie à l’abandon de son compagnon de cordée Tomasz Mackiewicz. Quelques semaines après ce fait d’hiver qui a beaucoup fait jaser (lis cet interview, il est cool) – Under an Arctic sky m’apporte une réponse bienvenue aux persifflages qui ont fleuri dans une partie de l’opinion.

Pourquoi monte-on l’Everest dans des conditions épouvantables, au risque de mobiliser d’énormes moyens humains et financiers pour son sauvetage ?

Pourquoi brave-t-on des températures négatives pour aller surfer sous la neige ? Pourquoi se lance-t-on dans tant d’entreprises en apparence insensées ?

Under an arctic sky islande netflix surf
Under an Arctic sky, documentaire complètement givré sur Netflix.

Parce qu’on recherche du beau. Une émotion. Un frisson, la joie indicible et tellement puissante d’être en vie.

Et que pendant ce temps là, on en est pas à vendre des trucs en plastique faits en Chine qui servent à rien, on s’envoie pas des bombes sur la gueule, on détourne pas d’argent public, on déverse pas ses déchets dans la mer, on crache pas sur les acquis sociaux ou la couleur de peau de son voisin…

Under an Arctic Sky. Sur Netflix.

4 Comments

  1. coolos, je vais aller me matter ça d’un bon pas ! merci de l’avoir chiné 😉
    Dirk Gently… excellentissime !
    beaucoup de bouses, mais également quelques bonnes pépites sur Netflix oui !

  2. J’ai pris une petite claquounette, j’avoue !
    « sans risques, pas de récompense » … la preuve par 9 dans ce film 🙂
    Beaucoup de choses que j’ai apprécié. Depuis ton post sur Life of Bryan, j’ai senti que je pouvais trouver de bonnes sources ici 0:)

    1. Aha tu me mets la pression sur le ciné-club du coup. Bah je vais essayer de sortir le max de bonnes choses, au moins une fois par mois. Le prochain sera un gros classique des années 70 !

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