Le seul 4×4 de dispo était un Ford Ranger

En arrivant à la voiture sur le parking d’Europcar, à l’aéroport, je fais de mon mieux pour conserver ma poker face histoire de pas affoler la miss, déjà suffisamment flippée à l’idée de me voir conduire un 4×4 par le Col Sani, l’une des portes d’entrée du Lésotho, réputée comme la plus belle – et la plus dangereuse. Je m’attendais à un truc énorme, mais pas à ce point.

C’est que depuis mes 20 balais je traîne la réputation de pas être très très doué avec les voitures (malgré la conduite accompagnée, je m’y suis repris à 3 fois pour avoir ma conduite).

C’est qu’en vrai, le Ford Ranger double cab qui m’est livré à l’aéroport, est tout sauf mesuré. C’est un tank déguisé. Beaucoup trop long (5,2 mètres!) trop large, trop haut. Le volant est à droite, ça, je m’y attendais, mais nom d’un bordel de zèbre, le levier de vitesse est à gauche. Et ça, ça me trouble beaucoup.

Un Ford Ranger double Cab de location en Afrique du Sud
Et donc, un 4×4 Ford Ranger double cab (c’est à dire avec banquette arrière). Note : je fais 1,80m. La photo est prise au parc Kruger, deux jours après l’arrivée en ADS, et malgré mon sourire, il me faudra encore plusieurs jours pour me sentir vraiment à l’aise.

S’extirper de l’aéroport de Johannesburg – sur le coup de midi – mobilise tout mon cerveau, au point que je dois fournir un effort conscient pour cligner des yeux. Je prends la mauvaise sortie (ahaha), je fais hurler la boîte de vitesses (héhé) je cale à chaque feu rouge (huhu) et bien sûr, je me rabats sur la voie de droite au sortir d’un rond point, face à des locaux forcément interloqués (lol). La marche arrière en Ranger est un grand moment de solitude.

Les péages ne prennent pas les cartes internationales. Tous les deux les poches vides, on est obligés de faire demi-tour pour aller retirer à la première occasion pour trouver un… casino.

En prenant les routes 12 et 4, il t’en coûtera donc très exactement 131 rands de péage, soit entre 8 et 9 euros. Prévois du liquide, les cartes internationales ne passent pas.

case-parc-kruger

On déboule au Kruger entre 17 et 18h par la Nambi gate, où on nous remet un passeport à présenter à chaque hébergement, et qu’il faudra conserver jusqu’à la sortie. De là, encore un quart d’heure vingt minutes de route pour arriver à notre premier dodo, Pretoriuskop Camp.

On avait réglé les hébergements depuis un bail, nous restent à charge les Conservations Fees. Ils sont plutôt élevés. Nombre de Français à la réception devant nous expriment leur surprise, mais pas moi, qui ai l’habitude de lire les petits caractères un peu partout.

Amateurs (dit celui même pas foutu de sortir de l’aéroport avec un peu de liquide).

La nuit tombe vite. Je gare le Ranger devant notre case, qui fleure bon les centres de vacances des années 70/80 : désuète juste ce qu’il faut pour rester charmante. On mange pour 144 rands au Wimpy’s du camp et on file se coucher, complètement ignorants de toute la magie qui nous attend le lendemain.

Un rhino rhinocéros croisé au parc Kruger
Le genre de rencontre qui met des frissons partout.

Le parc Kruger, des sensations pures

Que tu y ailles en voyage de noces ou avec tes mômes, l’idée avec le Kruger, c’est de te dégoûter des cirques et des zoos pour toute ta vie.

Il arrive que les animaux s’approchent tellement près de ta bagnole que tu pourrais leur claquer la bise (ce qui est forcément déconseillé). On enfile ainsi les moments magiques sans trop réaliser ce qui nous arrive.

Au réveil, à la sortie du camp, deux girafes qui broutent sur le bord de la route pour toi tout seul. A l’heure du dîner, un moment d’inattention qui suffit à un babouin agressif pour te racketter ta brioche. La miss en est  vexée comme un pou, avant, au même endroit, le lendemain matin, de faire une ahurissante série de clichés d’un piaf en train de défoncer un scarabée pour le becqueter.

La première fois que tu vois des lions est un moment spécial, même s’il ne s’agit que de lionceaux et de lionnes – on aura pas vu monsieur. Mais les léopards et les guépards sont tout simplement renversants de grâce, comme celui qui s’est offert à mon objectif pendant quelques dizaines de secondes, sorti de nulle part, avant de disparaître en un clin d’oeil, complètement oublieux de la brochette de touristes médusés dans leurs boîtes d’aciers sur roues.

Rufipenne morio 1 - sacrabée 0
C’est le bruit qui a alerté la miss. Pak ! pak-pak ! Ce Rufipenne morio était en train de fracasser ce pauvre scarabée sur le sol pour le becqueter.

On découvre des animaux, dont beaucoup d’oiseaux, dont on ne soupçonnait pas l’existence : Choucador à épaulettes rouge, rollier à longs brins…

Il y a des mignons, aussi, plein. Les mignons, c’est le nom qu’on donne avec la miss à tous ces trucs de la famille des antilopes ou des gazelles qu’on arrive pas à nommer exactement et qui peuplent le parc en abondance. Je suis assez content de moi quand je lance :

– A quoi on reconnaît le premier jour d’un touriste au parc Kruger ? C’est le seul qui s’arrête devant un mignon.

Le piège, c’est d’ailleurs ça : voir tellement de choses, dès le premier jour, qu’on se dit que les deux jours suivants vont être longs, et qu’on percute à peine quand on voit un rhino – alors qu’on en verra que 3, tandis que les léopards et les guépards se compteront chacun sur 2 doigts, dont une fois de loin.

Femelles impala au Parc Kruger
Des mignons ! Ou peut-être des femelles impala.

Le parc Kruger apprend la patience et l’humilité devant la beauté. On se lève et on va se coucher tôt. Le manque salutaire de wi-fi ajoute à l’isolement et au dépaysement.

Impossible de retourner dans un cirque ou un zoo après ça, et révolte décuplée à la lecture des chiffres du braconnage mondial, des rhinos qu’on abat pour alimenter les superstitions arriérées de certains bridés.

J’ai rédigé un super guide du parc Kruger, ça me ferait plaisir que tu le lises. Je t’invite aussi, ailleurs, à ne surtout pas nourrir les animaux.

La prochaine étape de notre voyage doit nous emmener plonger avec les requins…

Un vautour qui ressemble curieusement au président du MEDEF Pierre Gattaz
Oh, Pierre Gattaz !
Photos Roadtrippeur et sa miss. A l’exception de la première photo du Ford Ranger et de celle dans la case  (à l’Iphone), toutes les autres ont été prises avec un Canon 100D. Aucune retouche.

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