Jajce – prononce Yaïtseu – m’a laissée une impression très mitigée dans mon road-trip printanier 2018. D’un côté, quitte à aller se balader au fin fond de la Bosnie Herzégovine, il serait stupide de pas s’y arrêter. D’autant que qui dit premier arrêt dans le pays dit premier dépaysement culturel. De l’autre, l’intérêt de la ville est fortement limité, et j’y ai laissé des plumes en perdant le contrôle de ma moto à la sortie des moulins.

[Prend une grosse inspiration]

[Expire]

Mais pour toi, lecteur, je veux bien prendre sur moi pour faire la part des choses et te mitonner un petit compte-rendu des familles, histoire de te permettre d’y passer quelques heures sympa !

Parti de la frontière Croate après le parc de Plitvice (poste de douane de Ličko Petrovo Selo), j’arrive à Jajce 3h40 après par la M5 ou E761. La route, qui traverse un grand plateau vert parsemé de cailloux, est un plaisir. De grandes lignes droites ponctués de gentils virages, plus ou moins désertes, hormis les bergers qui roupillent tranquillement tandis que leurs chiens veillent plus ou moins au grain.

Ça, c’est si tu fais abstraction de la quantité de déchets qui jonchent les champs où pioncent les dits bergers et paissent les dits moutons. Bienvenue dans un pays pauvre, où on a pas les moyens et d’autres chats à fouetter qu’apprendre aux gens à trier les déchets.

Mon premier contact avec Jajce c’est la grande rue, Hrvoja Vukčića Hrvatinića, qui te met direct dans l’ambiance, avec ses magasins, bars restaus, meutes de chiens, vie alanguie. Je dormirai 200 mètres plus loin, sur Zavnobih-a : les petits vieux y papotent avec un café, tout le monde se dit bonjour dans la rue, y compris le policier qui va taffer en uniforme avec sa mallette.

Pour l’heure, j’ai besoin de reprendre des forces :

Je me pose à la boulangerie (= Pecara) pâtisserie Bekaj, et déjeune d’un délicieux pain au fromage, d’un non moins délicieux gâteau roulé et d’un Coca pour 4,70 BAM (Marks bosniaques). Avec un café (1 BAM) et une glace 2 boules Fanta-Snickers (2 BAM) j’arrive à la somme astronomique de 4 euros. Et encore. Même pas.

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Meunier, tu dors ? Les moulins à eau de Jajce font tout l’intérêt d’una rrêt dans cette ville du fin fond de la Bosnie

Meunier, t’es où ?

On vient à Jajce pour les moulins à eau. Une vingtaine de petites baraques de Hobbits qui offre une petite visite (gratuite) charmante et des photos tout aussi croquinettes. Un seul est encore en activité. Du moins était en activité le jour de mon passage. Tu as vite fait le tour. Mais c’est beau.

A savoir que j’ai eu sacrément du mal à les trouver, ces moulins. Pas de Guide du Routard ou de Lonely planet sur moi, pas de connexion internet… je me suis paumé pendant une heure, je te dis pas où, avant de percuter.

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Comme tu le vois, c’est super familial…

Sache donc que pour aller aux moulins à eau de Jajce, il faut passer par la base nautique du Parc Plivsko Jezero, à 5 bornes à l’ouest de Jajce sur la E761 – la même route par laquelle je suis arrivée. A l’entrée, rien indique les moulins… ils sont 300 ou 400 mètres après avoir franchi le seuil de la base.

Nombreuses places de parking gratuit à côté. C’est noté « Mlinovi » sur Google Maps.

Tu trouveras non loin un petit ponton qui te mène à des petites chutes d’eau. Tout ça est gratuit. Et, j’insiste, super mignonnet.

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Pas loin des moulins, un ponton t’offre un petit tour sur des cascades.

A Jajce, il y a aussi une cascade.

La cascade Pliva. Elle offre une vue ravissante, pas loin du centre, mais je suis pas allé la chercher, bien repu en la matière après mon passage à Plitvice Jezera.

Et des catacombes. Et un fort.

Les catacombes datent probablement du XIVe-XVe siècle, creusées par le Conte de Jajce, Hrvoje Vukčić Hrvatinić pour servir de mausolée à sa smalah. Et oui, si tu as bien suivi ce billet, c’est le conte qui a donné son nom à la rue principale de Jajce.

T’attends pas à quelque chose de mirobolant (pas de squelette nulle part :/). Les murs sont couverts de graffitis (Maka + Miki). Tu en auras trèèèèès vite fait le tour. Les photos sont pas terribles. Mais ça coûte que 2 marks bosniaques (1 euro). Bon…

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Les catacombes de Jajce offrent une visite un peu sèche.

Le fort est à peine plus fourni. Pas grand chose de remarquable, pas de brochure pour te raconter de fabuleuses batailles ou intrigues de cour.

Pour 2 marks, tu fais la visite en quelques minutes, escorté par un garde qui fume sa clope à bonne distance. Et sur les remparts tu vas faire des photos de Jajce vue de haut. Bien que charmante, c’est pas vraiment la plus belle ville du monde.

Commander à manger au pif, et retrouver un vieil ami

Le soir, je vais manger sur Hrvoja Vukčića Hrvatinića dans un rade qui paie pas de mine, et c’est exactement pour ça que je l’ai choisi. Genre, ta boîte à kébab ou ta boîte à Grec du coin. Je commande une soupe tarhana et un plat au pif, cevapi, « avec 8 pièces ».

Quand le serveur me l’apporte, je manque de tomber de ma chaise.

J’avais oublié que j’avais déjà croisé la route de cevapi, à Prague. Un an auparavant, sur mon premier grand road-trip moto. Soit des boulettes de viande bourrées dans un gros pain rond, sans autre accompagnement qu’un peu d’oignons émincés sur le côté. Un obus culinaire qui avait failli m’étouffer, n’était-ce la pinte de bière que j’avais commandé avec.

J’apprendrai plus tard dans le voyage que le cevapi, comme la soupe tarhana, est un canon de la cuisine quotidienne de l’Europe centrale / des Balkans, légué par les Ottomans. A Sarajevo, je verrai des kids en sortie scolaire le déguster au petit déjeuner, à 9h…

Quand il est bien fait, le cevapi est adouci de kajmac (fromage frais) ou ajvar (condiment de légumes relevés avec de l’ail).

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Voilà. Je suis le bloggeur voyage qui se spécialise dans les compte rendus qui font pas envie et les photos de bouffe floues.

C’est avec tristesse que je me dois de t’annoncer que les boui-bouis où j’ai commandé du Cevapi sur la route se sont jamais donné la peine d’ajouter kajmac et ajvar.

Heureusement, la bière est plus ou moins universelle.

Restaurant Crystal, Hrvoja Vukčića Hrvatinića. Une bière, une soupe tarhana, un cevapi 8 pièces, 9,50 BAM (4,85 euros).

Photos au Galaxy S7 edge. Couleurs boostées sur tous les clichés.

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